La démarche négaWatt

Inégalités criantes, croissance non contrôlée de la consommation, augmentation des atteintes à l'environnement, gaspillage de ressources limitées… En matière d'énergie, l'état des lieux est accablant.

Or nous continuons à produire et à consommer toujours plus en ayant, comme l'autruche, la tête douillettement enfoncée dans le sable : les générations à venir nous regarderont comme de redoutables gaspilleurs, doublés d'insouciants pollueurs laissant à nos descendants le soin de s'occuper de nos déchets.

Est-ce inévitable ? Comment rompre avec ce comportement irresponsable sans réduire notre qualité de vie ?

Sobriété, efficacité, énergies renouvelables : la démarche négaWatt !

Face à ces constats, négaWatt propose une approche de bon sens reposant sur trois piliers.

Démarche négaWatt

Si vous souhaitez utiliser le schéma de la démarche négaWatt ci-dessus, veuillez nous contacter à contact(a)negawatt.org. L’ajout de la mention © Association négaWatt - www.negawatt.org est indispensable.


Cette "démarche négaWatt" est triplement gagnante :

  • pour le consommateur, qui voit ses factures d'énergie diminuer : en réduisant à la source la quantité d'énergie nécessaire pour un même service, il utilise mieux l'énergie à qualité de vie constante ;
  • pour l'emploi, par la diffusion de nouveaux équipements plus performants et le développement décentralisé de tous les métiers de l'énergie ;
  • pour l'environnement, car l'énergie la moins polluante est celle que l'on ne produit pas.

La sobriété énergétique : un retour à la bougie ?

L’idée n’est pas de « revenir à la bougie » mais de réduire à la source la quantité d'énergie nécessaire pour un même service, c’est-à-dire mieux utiliser l'énergie à qualité de vie constante.

Plusieurs exemples peuvent illustrer la notion de sobriété :

  • En milieu urbain, a-t-on besoin d'un véhicule de 1200 kg pour transporter une personne de 80 kg sur 5 km, le tout à une moyenne de 25 km/h ? Ce même véhicule étant également capable de transporter 5 personnes sur 800 km à 150 km/h, ne faudrait-il pas utiliser de nouveaux modes de transport en ville ?
  • Les écrans des télévisions que l'on achète aujourd'hui ont une surface en moyenne 4 fois plus grande que ceux que l'on trouvait il y a 10 ans ; a-t-on besoin d'un écran qui avoisine le mètre carré dans son salon ?
  • Est-ce normal de se promener en T-shirt toute l'année ? Aujourd'hui on relève fréquemment des températures supérieures à 21°C dans les logements ou les bureaux, et ce en plein hiver. Est-ce bien raisonnable ?

Ces exemples nous montrent que tout autour de nous, dans notre quotidien, existe un gisement d'économie d'énergie, appelé négawatt(1). Ce gisement de négaWatt est bien plus important que les autres gisements d'énergie ; il faut donc l'utiliser en priorité !

“Produire des négaWatts” c’est donc rompre avec nos (mauvaises) habitudes en préférant la sobriété énergétique au gaspillage. C’est rechercher la meilleure utilisation possible de l’énergie, plutôt que de continuer à en consommer toujours plus.

Approche philosophique de la transition énergétique

« Les conditions d’un changement en faveur d’une transition efficace et juste en Europe mobilisent plusieurs registres. La transition énergétique, surtout si elle doit opérer selon des principes de justice sociale, est un changement polymorphe. Il s’agit tout d’abord d’un changement d’oïkos, soit une vision nouvelle des rapports de l’espèce humaine à son milieu et à ses ressources, où gestion de la planète se conjugue avec interdépendance des nations. Il s’agit aussi d’un changement de tekhnè, qui ne se réduit pas à une somme d’inventions industrielles, même révolutionnaires, mais passe par la production d’un nouveau système socio-technique, dans lequel les innovations sont également sociétales. Il s’agit, par ailleurs, d’un changement d’ethos, qui ne se limite pas à une somme de résolutions morales, mais suppose un nouveau système socio-éthique, lequel est sommé de se traduire dans une modification des habitudes de vie de tout un chacun. C’est, enfin, un changement de muthos, autrement dit, la production d’un nouveau récit du changement susceptible de donner sens à l’action individuelle et collective. »

Issu de : Un nouveau récit pour une transition juste, par Sylvain LAVELLE - 2015, disponible sur : http://www.revue-projet.com/articles/2015-02-lavelle-un-nouveau-recit-pour-une-transition-juste/.



(1) Due à Amory LOVINS, fondateur du Rocky Mountain Institute, cette notion de "production de négawatt" est une conception analogue à la production de kiloWatt électrique. Elle commence à recevoir dans certains pays une traduction économique concrète : pour vendre du négawatt, des sociétés proposent à leur client de réaliser des économies d'électricité qui seront ensuite facturées comme s'il s'agissait de l'énergie produite par une nouvelle centrale. Les négawatts ne concernent cependant pas que l'électricité, mais s'appliquent à toutes les formes d'énergie.

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